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Œdipe : « Lorsque je défends Laïos, c'est moi-même aussi que je sers. »
Œdipe. — « Mes actes, je les ai subis et non commis, s'il m'est permis d'évoquer à mon tour ceux de mes pères et mères » (p. 442).
— « Le destin de mes enfants, c'est de n'obtenir de mes terres que ce qu'il en faut pour mourir » (p. 467).
— « C'est toi Polynice, le premier, qui tomberas souillé d'un meurtre, toi et ton frère avec toi. Voilà les imprécations que j'ai déjà lancées sur vous naguère, et que j'appelle encore aujourd'hui à mon aide, afin que vous vous décidiez à honorer les auteurs de vos jours, au lieu de mépriser le père aveugle dont vous êtes sortis tels que vous vous montrez, cependant que ces filles faisaient autrement » (p. 493) (2).
Disons-le tout net : Laïos l'avait bien cherché ! Que n'écouta-t-il les dieux et ne pratiqua-t-il la contraception qu'ils lui conseillaient ? Mais non, ce balourd voulut engrosser Jocaste et en eut, bien sûr, le fils qu'il redoutait. Le chemin était alors tracé et, l'avortement escamoté, l'infanticide apparut la seule issue. Il faut bien dire que de tout temps, ce n'est là que faits divers.
On pourrait se demander pourquoi Laïos n'opéra pas lui-même ? Un cœur se perce d'un coup de dague alors qu'il en faut deux pour trouer les chevilles ; était-ce mauvaise conscience ? Quoi qu'il en soit, ce fils qu'il voulut engendrer, envers les Dieux et contre tous, il désira sa mort.