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« Le diable est un optimiste s'il croit pouvoir rendre les hommes pires qu'ils ne sont déjà. »
Marie-Antoine-Jules Sénart, ami de la famille Flaubert, doit défendre Gustave contre l'accusation portée sur lui d'outrage à la morale publique et à la religion, lors du procès qu'on lui intente comme auteur de Madame Bovary. Personnalité subtile, ex-président de l'Assemblée Nationale, ex-ministre de l'Intérieur, il perçoit beaucoup de choses, et, peut-être avec une certaine dose de cynisme, il décide d'utiliser aussi le personnage de Charles Bovary pour mettre hors de cause son ami. Mais n'ayant pas compris ce personnage, il ne peut avoir recours qu'au moralisme hypocrite de la société bourgeoise éclairée de l'Empire, à laquelle il appartient. « Il n'y a pas un homme l'ayant lu, qui ne dise, ce livre à la main, que M. Flaubert n'est pas seulement un grand artiste mais un homme de cœur, pour avoir dans les six dernières pages déversé toute l'horreur et le mépris sur la femme, et tout l'intérêt sur le mari… il n'a pas transformé le mari… il l'a laissé jusqu'à la fin ce qu'il était, un bonhomme, vulgaire, médiocre, remplissant les devoirs de sa profession, aimant bien sa femme, mais dépourvu d'éducation, manquant d'élévation dans la pensée. Il est de même au lit de mort de sa femme. Et, pourtant, il n'y a pas un individu dont le souvenir revienne avec plus d'intérêt. Pourquoi ? Parce qu'il a gardé jusqu'à