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« Et l'ivresse de la mer et le soleil embrasé lui tissèrent une image séduisante. Il vit le vieux platane non loin des murs d'Athènes, ces ombrages sacrés pleins de l'arôme des gattiliers en fleurs, ornés d'ex-voto et de pieuses offrandes en l'honneur des nymphes et d'Achélons. Le ruisseau limpide tombait, sous l'arbre aux larges branches, dans un lit de cailloux luisants ; les cigales chantaient leur chanson stridente. Mais sur le gazon en pente douce, où l'on pouvait, en restant couché, tenir la tête haute, deux hommes étaient étendus, abrités là de la chaleur du jour : l'un presque vieux et laid, l'autre jeune et beau, la sagesse auprès de la grâce. Et avec des cajoleries et de séduisants jeux d'esprit, Socrate instruisait son disciple Phaidros sur le désir et la vertu :
« Les seuls homosexuels que l'on peut essayer de soigner sont ceux qui veulent changer.
— Mais cela risque de faire d'eux des hétérosexuels insatisfaits au lieu de les laisser naturellement homosexuels.
— Très certainement. Les analystes font souvent l'expérience suivante : ils commencent une analyse avec un homosexuel qui, par la suite, ressent un tel soulagement à se sentir et à dire exactement ce qu'il est, qu'il abandonne l'analyse et reste homosexuel.
« Je voulais vous poser une autre question : quelle importance accordez-vous, dans l'étiologie des névroses, aux ennuis d'argent ? Vous n'avez rien écrit sur ce sujet et je serais curieux de savoir ce que vous en pensez.
« Sans raison, Freud sembla se froisser de cette interrogation… » (2).
C'est qu'elle pesait son poids d'or dans cette curieuse expérience psychanalytique dont Joseph Wortis nous transmet, si nous nous en tenons au seul fait d'un livre écrit par lui, publié et que nous sommes en train de feuilleter — mais notre place de lecteur est, comme celle de l'as de pique au jeu de bonneteau, plus difficile qu'il ne semble à déterminer — les monotones dialogues et les peu exaltantes péripéties.