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On sait l'apport important et novateur des femmes dans la compréhension psychanalytique de l'enfant. Anna Freud et surtout Melanie Klein, Sechehaye et Pankow, Françoise Dolto et Maud Mannoni en particulier ont contribué grandement à mieux faire comprendre les troubles de l'enfant, du pseudodébile au psychotique.
Maud Mannoni dans ce domaine apparaît particulièrement révolutionnaire car elle ne limite pas sa recherche aux seules relations familiales mais elle l'étend aux structures sociales et administratives. Et sa contestation a le mérite de s'appuyer sur sa pratique notamment à l'Ecole expérimentale de Bonneuil-sur-Marne. Son dernier ouvrage, L'éducation impossible, met en lumière les effets fondamentalement perturbants des institutions. « Rien de possible, écrit Maud Mannoni, ni en enseignement ni en psychiatrie sans une remise en question du monopole médical, pédagogique, et administratif. » Monopole qui est à la source de tous les abus de pouvoir. Le monopole est en effet au service de la hiérarchie, ce qui ne veut pas dire au service de la collectivité.
M. Mannoni part d'un postulat : que l'enfant n'apporte pas le conflit amour-haine. Ce conflit, il le rencontre chez les parents qui demandent de l'amour comme un devoir. Ici Maud Mannoni est évidemment emportée par sa thèse car elle n'ignore pas que le dualisme amour-haine préexiste dans l'inconscient de l'enfant. Mais ce qu'elle veut affirmer c'est que tout symptôme suppose un discours collectif. Le mythe œdipien ne peut se réduire à papamaman, mais s'étend au discours collectif, aux traditions familiales où l'enfant est pris. Et c'est de rencontrer un signifiant qu'il ne peut recevoir que le psychotique est amené à le remplacer par le délire imaginaire.
A titre d'exemple de destruction de l'individu par une éducation rigide dans la société patriarcale, traditionnelle, l'auteur cite le cas Schreber traité par Freud. Pour le père de Schreber, partant de l'idée que l'enfant est mauvais dès la naissance, il fallait