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Mes chers amis, nous voici de nouveau dans un pays où des collègues isolés travaillent au développement et à la transmission de la psychanalyse avec un courage que ceux qui ont trouvé une organisation en place et un terrain préparé n'ont pas la possibilité d'apprécier à sa juste valeur.
Après le démarrage de la société espagnole, dont le siège est actuellement à Barcelone et qui fut au départ luso-espagnole, voici un groupe d'étude solidement installé à Madrid avec l'aide de l'Association psychanalytique internationale. Ainsi nous avons maintenant trois groupes de collègues travaillant pour la même cause. Nous avons encore présents à l'esprit les beaux Congrès de Barcelone en 1962 et de Lisbonne en 1968, qui furent pour nous de grands souvenirs. Aujourd'hui nous sommes à Madrid, auprès d'une équipe travailleuse, qui nous invite à partager leurs réflexions et à les encourager dans leur tâche.
Ce n'est pas rien d'assumer la recherche et la transmission de la psychanalyse dans des conditions valables. Ce n'est pas rien de faire découvrir, contre les résistances, les vertus de l'ascèse difficile que constitue la connaissance de soi. Les applications thérapeutiques de notre belle discipline s'ajoutent — j'aurais envie de dire : s'effacent — devant les qualités humaines qu'elle développe, devant l'enrichissement culturel, devant la liberté intérieure qu'elle fait épanouir. La psychanalyse débouche sur la possibilité d'une plus haute morale du cœur et de l'esprit, c'est une certitude de la philosophie de toujours, que le progrès spirituel commence par le « connais-toi toi-même ».
J'ai été frappé que, dans les jeunes sociétés méditerranéennes, nous soyons amenés à nous pencher sur des sujets fondamentaux : le contre-transfert, le processus analytique et la pensée. J'y veux voir ce goût de l'essentiel, ce besoin de construction ouverte qui marquent la civilisation de notre Méditerranée commune. Il a fallu la rencontre d'une pensée juive et d'une Autriche toujours ouverte vers l