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Le 31 décembre 1883, Freud écrit à sa fiancée :
« La nuit dernière, j'ai de nouveau rêvé d'un voyage, cette fois en Espagne. Je voyais le port de Madrid et m'étonnais de ce que le Manzanares eût un aussi fort courant… »
Le livre auquel Freud portait le plus vif intérêt, si l'on en croit la correspondance de cette époque avec Martha, était Don Quijote de la Mancha de Cervantès. Ce livre le fascinait à tel point qu'il en oubliait ses propres travaux.
Pendant plusieurs jours, il continue de commenter ce thème auquel il se sentait intimement lié.
« N'est-il pas touchant de voir un grand homme, lui-même idéaliste, se moquer de ses idéaux ? Avant d'avoir la chance de comprendre la profonde réalité de notre amour, nous avons tous été de nobles chevaliers, parcourant le monde au milieu d'un rêve, interprétant de travers les faits les plus simples, transformant les platitudes en choses nobles et rares et faisant ensuite triste figure. C'est pourquoi nous autres hommes, nous lisons toujours avec le même respect les descriptions de ce que nous fûmes jadis et de ce que nous sommes partiellement restés… »