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« Pour moi la seule évidence au monde est commandée par le rapport spontané, extralucide, insolent qui s'établit, dans certaines conditions, entre telle chose et telle autre, que le sens commun retiendrait de confronter. Aussi vrai que le mot le plus haïssable me paraît le mot donc avec tout ce qu'il entraîne de vanité et de délectation morose, j'aime éperdument tout ce qui, rompant d'aventure le fil de la pensée discursive, part soudain en fusée illuminant une vie de relations autrement féconde dont tout indique que les hommes des premiers âges eurent le secret… »
C'est à travers le rêve que S. Freud aperçut la vérité interdite. Est-elle plus licite aujourd'hui ? Les résistances sont mobiles mais elles peuvent se fixer de nouveau dans des formes non reconnues. Après avoir ignoré, refusé le rêve, nous, analystes, l'utilisons dans un monde plus rassurant qui est celui d'une technique. A travers la déculpabilisation et la fringale d'introjection, durant notre analyse, si l'on n'y prend garde, nous devenons vite des spécialistes du maniement du rêve. Nous nous protégeons à travers une herméneutique, le retour systématique au passé, ou au transfert, à travers de brillantes constructions et des interprétations subtiles. Le contenu de la relation d'affect dans certain moment de la cure est perçu souvent encore comme un danger qui est consubstantiel au rêve. D'où celui-citient-il son pouvoir? On insiste sur l'impression que le rêve nous manipule… ou quelque chose au-delà du rêve ? Guillaumin parle de restes nocturnes. Le rêve, comme source d'action sur la vie de la veille, devient pour l'homme éveillé un objet magique et religieux, un objet d'art qui cesse d'exprimer et de témoigner pour s'animer. On est là, à plus grande distance que lorsque David et Fain nous montraient la fonction mentale d'élaboration, la fonction onirique. Cette idéalisation du rêve ne serait qu'une façon de parler sans conséquence, si elle ne cachait pas une question tout