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En lisant les premières pages du beau rapport de René Diatkine, j'ai été frappé par la ressemblance extraordinaire du matériel onirique patient-analyste (le rêve de son analysé, son rêve à lui et la petite phrase que son rêve « emprunte » au rêve de son patient), et le fameux rêve de Socrate dont je parlerai plus loin. Le philosophe, dans son rêve, emprunte aussi « telle quelle » une phrase qu'Homère dans l'Iliade met dans la bouche d'Achille.
Dans le rêve du patient et de son analyste la phrase commune qui lie les deux rêves est : Je découvre à ma grande surprise, qu'il s'agit d'une jeune femme.
René Diatkine pense que ce lieu, ou moment de connexion, a un rapport avec « l'absence de vieillissement de la motion pulsionnelle libidinale œdipienne ».
En écoutant le récit du rêve fait par son patient, le rapporteur nous dit avoir éprouvé une indiscutable satisfaction, constatant que ce rêve venait confirmer un certain nombre d'hypothèses qui avaient été formulées au cours des séances précédentes.
Satisfaction du registre œdipien, puisque la confirmation du savoir analytique (en tant qu'instrument de la castration symbolique) marque la différence entre analyste et analysé. Cette différence est soulignée dans le rêve du patient qui se rend compte, qu'il ne parle pas la même langue que son père, autrement dit que son père et lui n'appartiennent pas à la même génération.
L'analyste, de son côté, utilise une partie du rêve de son patient, qu'il emploie comme reste diurne, pour construire le sien.
Le point commun dans les deux rêves, comme nous l'avons vu, est l'apparition surprenante d'une jeune femme qui représente selon les termes de René Diatkine l'absence de vieillissement de la motion libidinale œdipienne.
Dans ce sens, l'analyste sait que la connaissance, la gnose, le savoir psychanalytique vont de pair avec son vieillissement et René Diatkine le confirme par le contenu et par les associations de son propre rêve, par exemple lorsqu'il parle de « l'impression pénible liée au