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L'excellence des deux rapports qui nous ont été présentés au cours de ce Congrès s'impose suffisamment par elle-même pour que je me sente autorisé à ne souligner qu'une seule de leurs multiples qualités : je veux parler de leur complémentarité. J'aperçois en effet — et plus encore à l'écoute qu'à la lecture — une sorte d'opposition ou de tension féconde entre les perspectives ouvertes par nos amis espagnols et les vues développées par René Diatkine. Cette opposition renvoie, à mon sens, à la bivalence ou à la bipolarité du rêve lui-même. D'un côté, les origines profondes, le « mycélium » du rêve, qui se perd dans les couches les plus cachées, les vécus les moins signifiables de l'inconscient originaire. Ici, José Rallo Romero, Maria Teresa Ruiz de Bascones et Carolina Zamora de Pelicer nous ont montré comment l'évolution des recherches sur le rêve a conduit — dans un mouvement d'approfondissement auquel je me suis moi aussi récemment associé — à mieux situer ce pôle fondateur de l'onirisme, qu'on peut appeler le pôle proximal de la subjectivité du rêveur. De l'autre côté, l'étude des intentions différenciées du discours et des désirs oniriques, centrée davantage, si l'on peut dire, sur le pédoncule et le chapeau du champignon du rêve : extrémité distale d'une création nocturne dont Freud a le premier exploré scientifiquement les formes et les mécanismes complexes. Là, René Diatkine nous a particulièrement intéressé. La partie la plus riche de son travail éclaire d'une façon très personnelle les rapports qui unissent les pensées manifestes et les pensées latentes du rêve, et montrent comment elles peuvent circuler, dans la cure, entre l'analyste et l'analysé.
Les remarques que je vais présenter trouvent, quant à elles, leur place en un troisième lieu logique. Elles intéressent les liens qui unissent, chez le rêveur, les deux « pôles », distal et proximal, du rêve, ou mieux encore, la dynamique de mutation ou de naissance qui rend possible la formation des désirs du rê