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Les cas des patientes atteintes d'arthrite rhumatoïde — l'aspect médical mis à part — ont prêté à plusieurs études concernant leur personnalité et leurs relations familiales.
Différents auteurs ont décrit les tendances prévalentes de la personnalité de ces malades : le souci de l'indépendance [1], les attitudes perfectionnistes, la complaisance qui recouvre le désir de dominer, la vie, antérieurement à la maladie, moulée dans les services à rendre aux autres et dans le devoir [2]. Dominatrices et exigeantes envers leur entourage, elles arrivent à maintenir sous contrôle rigide leur agressivité.
Fut également signalée la sensibilité excessive à l'égard de leur maladie qui signe le renversement de leurs intérêts, orientés jusqu'alors surtout vers des activités corporelles [3]. Les analystes qui se sont occupés de tels cas ont noté, en outre, la revendication phallique, la réjection de la féminité, l'inhibition sexuelle, le masochisme moral, ainsi que l'extrême sensibilisation aux frustrations [4].
Nos propres recherches [5] nous ont orientée vers une image du corps de ces malades, tissée autour du ressenti d'un liant lié ; d'un corps qui se vit comme phallus, ne pouvant s'articuler dans la prise de conscience d'une complémentarité qui demeure impensable, ni se concevoir embrassant la marche vers l'Œdipe redouté et défendu.
Ce qui lie fait mal, dans le corps même (corps lié) comme dans la dialectique que ce corps est à même d'ouvrir dans le monde (corps liant) aux moments où se pose la question de l'imaginaire retournement d'un pénis en réceptacle dans lequel éventuellement germera l'enfant d'un père. Corps liant, il ne peut être conçu que comme corps lié dans sa propre destruction et par la mort de ceux qui l'ont signifié. Il n'est peut-être pas dénué d'intérêt de noter que de nombreux auteurs (Ludwig, Jones, Robinson, Blom) ont appelé l'attention sur le fait que la perte de personnes signifiantes dans la vie de ces malades se révèle comme facteur précipitant de la maladi