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Un premier exposé, celui de A. Jeanneau, a constitué le point de départ de notre réflexion. « Le délire n'est pas un rêve », et quelles que soient les analogies qu'on ait pu retrouver entre les deux situations, du délirant et du rêveur, force est de reconnaître leur dissemblance fondamentale.
S'il est des états psychopathologiques qui peuvent faire évoquer le rêve, il s'agirait plutôt des états confusionnels : ceux des psychoses traumatiques tout d'abord, mais aussi celui des psychoses hystériques dont Freud disait en 1894 « Le Moi s'arrache à la représentation inconciliable, mais celle-ci est inséparablement attachée à un fragment de la réalité, si bien que le Moi, en accomplissant cette action, s'est séparé aussi, en totalité ou en partie de la réalité. »
Autre type de confusion, celui du delirium tremens, dans lequel l'alcool apparaît comme l'objet manquant, et dans lequel l'excitation ne peut que se décharger dans la motricité, ou provoquer la projection à l'extérieur des mauvais objets.
Fait remarquable, dans tous ces états confusionnels, l'unité du Moi est préservée, et comme l'a montré Federn, si c'est dans une aire de réalité tout à fait inhabituelle, les limites du Moi y gardent néanmoins leur investissement narcissique — ce en quoi nous retrouvons quelque chose de comparable à l'expérience du rêve.
Par contre, tout se montre fondamentalement différent dans le monde de la psychose proprement dite. On n'y retrouve plus la certitude, mais au contraire le doute, l'ambiguïté et l'incertitude du délire, avec interrogations sur l'identité de soi-même. Il persiste dans le délire, ce contact perceptif avec la réalité extérieure, dont ni le rêveur ni le confus, ne semblaient, eux, s'embarrasser. Même les psychoses délirantes aiguës appartiennent à ce registre. Et ce serait faire fi de l'observation, que de vouloir les présenter comme secondaires à une possible confusion. Par là Jeanneau critique toutes ces théories psychiatriques qui feraient des psychoses, le résultat