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Les considérations suivantes ont été développées à l'occasion du 75e anniversaire de Richard Sterba. Les discussions qui se poursuivent depuis des années sur la condition sociale du psychanalyste et sur le rôle de la psychanalyse en tant que sociologie — notamment l'article de Klaus Horn « Le psychanalyste étonné » (Psyche, 28 Jg., mai ) —peuvent conférer à mes remarques historiques une certaine actualité.
Je commencerai un peu arbitrairement au point où Heinz Hartmann et d'autres après lui se sont arrêtés. Dans sa conférence de 1959 sur Freud, qui a paru en 1960 sous le titre de Psychoanalysis and Moral Values, Hartmann ne va pas au-delà de la conception de Freud lui-même, selon laquelle la psychanalyse n'a pas de philosophie propre, mais ne peut partager que celle de la science en général. Bon nombre de psychanalystes appartenant principalement au domaine anglais se sont rangés à cette façon de voir. Mais une minorité qui, dans le domaine allemand, est représentée surtout par Alexander Mitscherlich et ses élèves, est en cela d'un tout autre avis. D'après eux la psychanalyse est une science qui, en se fondant sur l'acquis de ses propres connaissances, doit prendre position à l'égard du monde et s'ériger en instrument critique, afin de modifier les conditions psychologiques et sociales existantes. Les premiers analystes qui défendirent cette position appartenaient à la génération des pionniers, c'étaient par exemple Paul Federn, Siegfried Bernfeld, Heinrich Meng, Carl Fenichel et Wilhelm Reich. Reich poussa même cette exigence si loin qu'elle devint incompatible avec la psychanalyse. Ces élèves de Freud, qui tous avaient été socialistes avant de devenir psychanalystes, voyaient dans les découvertes psychanalytiques un savoir propre à élargir les bases de leurs convictions socialistes. Dans le même temps d'autres adeptes de Freud, parmi lesquels le plus éminent est peut-être Robert Wälder, estimaient que la psychanalyse est précisément destinée à nous