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« … les mots du passé appartiennent au langage du passé, et les mots de l'avenir attendent une autre voix. »
« En tant que psychanalyste, je ne peux pas ignorer l'avenir.
« Bien que je puisse travailler en termes de temps passé et de temps présent, mes occupations professionnelles doivent concerner aussi les temps futurs.
« Je dois tenter d'aider mes patients à créer un avenir pour eux-mêmes qui soit plus libre, moins hanté par les phantasmes et qui offre une plus grande souplesse de choix.
« Encore que cette implication dans le temps d'une autre personne, répétée encore et encore, séance après séance, me rende peu désireux ou peu disponible pour envisager mon propre avenir et celui de ma profession.
« J'ai tendance à penser le futur comme l'équivalent du passé, et le présent offrant un état raisonnablement stable et sans grand changement.
« J'imagine que je vais poursuivre ma carrière, avoir des responsabilités dans mon groupe professionnel, contribuer aux publications scientifiques, peut-être même enseigner.
« On fera appel à mes services différemment, mais fondamentalement, la psychanalyse me semble suffisamment établie pour que je puisse attendre que le changement soit graduel et à une vitesse que je puis affronter. »
Je pense que cette brève description de ma manière d'envisager l'avenir reflète non seulement mon attitude, mais celle des amis avec lesquels je parle et celle évoquée dans les groupes de discussion que je fréquente.