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Si par avenir de la psychanalyse on entend la place et la forme que pourrait prendre dans un temps futur une praxis qui continuerait à revendiquer le qualificatif de psychanalytique, nous avouons être incapable de faire un quelconque pronostic pour la raison fort simple que cela impliquerait de pouvoir faire un diagnostic sur son présent. Or quand on observe ce qui, aujourd'hui, se prétend « pratique » psychanalytique, quand on réalise la part que prennent l'idéologie, la répétition, les stéréotypies dans le discours d'un bon nombre de ses pratiquants, terme ici plus approprié que celui de praticien, on a bien l'impression, en dépit d'une apparente référence aux mêmes postulats de Freud, d'être confronté à un habit d'Arlequin qui, loin d'apporter à l'analyse un « gai savoir », lui enlève toute gaieté et toute valeur. C'est pourquoi notre contribution à ce débat sera fort modeste et se bornera à interroger trois facteurs responsables de cet état de chose, facteurs qui ne datent pas d'aujourd'hui, l'écoulement du temps n'ayant fait qu'en amplifier le pouvoir et les effets. Tout en étant avertis de ce que comporte d'illusions l'espoir de pouvoir emprunter aux disciplines mathématiques ou physiques un modèle qui pourrait, finalement, offrir une représentation de la « chose psychique » qui abolirait tout écart entre la « chose » et sa « représentation », c'est à un physicien, qui s'est longuement penché sur le problème épistémologique propre à sa science, que nous emprunterons la définition qu'il donne du concept de paradigme, terme par lequel il désigne cet « ensemble théorico-pratique », à chaque fois particulier, mais nécessaire et présent dans toute discipline scientifique.
Cette définition peut en partie, et seulement en partie, s'appliquer au modèle théorico-pratique dont se réclame la psychanalyse comme praxis (1).