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Une inquiétude concernant la survie de la psychanalyse se fait jour. La psychanalyse serait-elle cette peste dont parlait Freud, sur le point d'être vaincue?
Il me semble qu'une distinction s'impose entre psychanalyse en tant que théorie, en tant que technique thérapeutique, et en tant que groupe humain étudiant la théorie et exerçant la technique. Bien que leurs interactions soient constantes, leur destin n'est pas forcément lié.
Ce qui a présidé à la découverte et à la propagation de la théorie psychanalytique, c'est le désir humain de se maîtriser. Ce désir, dont la visée est de permettre à l'homme de mieux disposer de lui-même, est certainement à la base de croyances religieuses, d'idéologies sociales, et des recherches scientifiques. A la différence des autres tentatives de satisfaction proposées à ce désir, la psychanalyse s'interroge sur le désir lui-même, le pourquoi de son existence, les vicissitudes de ses modes d'expression et les moyens déployés pour cette maîtrise.
Elle suppose, à partir de l'observation clinique, l'existence d'une motion pulsionnelle: un manque réclamant un apport extérieur pour se satisfaire. Le manque est capable de devenir désir, c'est-à-dire d'avoir une représentation, sa satisfaction est ressentie comme un plaisir. Il en découle que l'existence d'une représentation de l'exigence pulsionnelle est la condition même d'une vie psychique. Ceci signifie que le désir est conflictuel par essence puisqu'il tend à la fois à son épuisement dans une satisfaction, et à son maintien pour garantir la vie psychique. L'être humain chercherait à maîtriser son désir dans l'espoir de dominer la contradiction à laquelle il le soumet. Toutes les productions qui lui sont propres sont des tentatives de l'intégrer ou de lui échapper. Ce conflit essentiel, quels que soient les termes par lesquels il est désigné, est négocié notre vie durant dans la relation d'objet car c'est l'objet qui sert à la satisfaction du désir. Ainsi, la relation d'objet reflète le co