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Je me sens très honoré de l'invitation à participer à ce numéro en forme de symposium publié à l'occasion du 50e anniversaire de l'International Journal of Psychoanalysis.
Toutefois, ce n'est pas sans quelque émoi et bien des pressentiments que j'accepte un tel honneur car il m'oblige à exprimer des pensées que j'aurais préféré garder par-devers moi. Mais cette occasion de dresser un bilan historique général de la psychanalyse est bien trop tentante pour que je la néglige.
Eût-il été question du vaste domaine de la psychanalyse appliquée, rien n'eût été plus facile. Il n'y a pas là de portes déjà closes et l'enrichissement intellectuel qu'on peut encore en attendre ne le cède en rien aux biens de la corne d'abondance. Si l'organisation de la société, de la science et de la recherche obéissait au principe de l'investissement le plus rentable, il y a longtemps qu'on aurait fondé une Académie de l'Homme, d'après les principes indirectement suggérés par Freud. Il est clair qu'il faut réécrire les sciences humaines — toutes les branches des sciences humaines — en fonction du nouveau savoir sur l'existence psychologique de l'homme que nous a révélé la psychanalyse.
Jusqu'ici, les résultats obtenus par la psychanalyse dans le domaine de la psychanalyse appliquée sont, exception faite pour Ernest Kris et Geza Roheim, l'aboutissement des efforts non systématiques d'analystes isolés, obéissant à leurs penchants individuels. Ces résultats sont tributaires des contacts de ces chercheurs avec les phénomènes culturels qui ont éveillé leur intérêt d'analystes. En outre — et c'est ce que Freud lui-même avait noté — ils proviennent, dans la majorité des cas, d'hommes qui étaient des dilettantes dans le domaine auquel ils appliquaient la psychanalyse.
La tâche propre d'une Académie de l'Homme, ce serait en revanche