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Le titre de l'ouvrage de Marthe Robert impose le rapprochement, certainement pour elle volontaire, avec le titre donné par Jean Laplanche et J.-B. Pontalis à leur article bien connu sur les fantasmes. Aussi est-ce par le biais d'une phrase de cet article que j'aborderai le thème commun du roman et des fantasmes des origines, phrase soulignant le fait que le fantasme « est repéré des deux côtés à la fois, comme donné manifeste et comme contenu latent, à l'intersection de deux voies d'apport opposées » (2). C'est très exactement à cette intersection que se situe Marthe Robert, celle de la voie d'apport manifeste qu'elle parcourt avec son talent très personnel de critique littéraire, l'autre sur laquelle repose la perspicacité dont elle marque la première et qui lui vient de sa connaissance psychanalytique.
Cette position est assez remarquable pour être soulignée. Non qu'elle soit première, puisque les applications de la psychanalyse à la littérature et à l'art ne manquent certes pas, mais la rencontre, à l'intersection des deux voies n'a pas toujours lieu avec un égal bonheur. Le critique informé de la psychanalyse par « l'extérieur » en fait souvent une application formelle et qui apparaît comme un approfondissement plus accentué qu'auparavant des influences de l'environnement et de l'histoire de l'auteur, d'une façon quelque peu objectivante, s'agissant de « sources » plus que d'origines. Le psychanalyste, par souci de démonstration et de repérage des fantasmes et des mythes universels, tend à opérer une réduction qui le porte à méthodiquement négliger la qualité esthétique et l'élégance des substitutions symboliques et de la confabulation qui font le charme du contenu manifeste. Non qu'à ce charme il puisse être totalement insensible, puisqu'il joue à plein parmi les séductions qui sollicitent son contre-transfert et ses identifications comme le montrent les notations qu'il en fait lors de la relation d'une portion d'analyse, par exemple.
La voie d'abord du critique