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La servante au grand cœur dont vous étiez jalouse Et qui dort son sommeil sous une humble pelouse, Nous devrions pourtant lui porter quelques fleurs…
A propos de la parution du livre de « Céleste Albaret », Monsieur Proust (souvenirs recueillis par Georges Belmont, Editions Robert Laffont), et d'une émission de télévision le lundi 1er octobre 1973, Ouvrez les guillemets (émission de Bernard Pivot), 1re chaîne 0ù au sujet de la parution de Monsieur Proust, un débat a réuni Georges Belmont, Claude Mauriac et Frantz-André Burguet.
Céleste Albaret, « servante » de Proust, n'est pas morte, mais les « proustiens » voudraient bien la tuer. Le débat « télévisé » l'a tout simplement montré. C'est un document sur la mise à mort dont je suis sorti écœuré, et que pourtant je n'ai pas regretté de voir.
Qu'est-ce à dire? Ils ont voulu tuer la « source »; une des sources de la construction proustienne. Si j'en parle ici, dans cette revue, c'est que, psychanalystes, elle nous intéresse au premier chef. On connaît les contingences du propos de Mme Albaret: avant sa mort, elle veut témoigner de ce qu'elle a connu, vu, vécu, pensé avec Marcel Proust. Ce témoignage, par l'authenticité inaliénable du ton, des propos, du style, de la façon de dire, ne pouvait être que partiel, segmenté, peut-être même partial.
J'avais lu le livre, avant de regarder l'émission. Je l'avais trouvé adéquat à l'idée que Proust tenait qu'on ait sur son œuvre et partant sur sa personne.
Bien sûr, j'avais très bien noté que ces « souvenirs » avaient été articulés par Georges Belmont. On aurait pu s'en tenir à la dactylographie, pure et simple, de la bande magnétique des interviews (de Céleste Albaret). Des précautions ont été prises, d'objectivité (Belmont s'en est expliqué). Mais qu'y aurait-on gagné?
Quand on a revu à l'image Mme Albaret dire ce qu'elle avait écrit, il n'y a plus de doute possible; ce n'est plus Céleste Albaret qui parlait mais un « personnage » de Proust qui, avant de mourir, donne s