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Avec cette présentation condensée de vues dégagées principalement des travaux de K. Abraham et S. Freud, j'espère amorcer l'exposé original de N. Abraham et M. Torok qui nous apporteront un nouveau cours de pensée collecté dans la cure des mélancoliques.
De tels patients, on le sait, posent le problème de l'analyse interminable…
J. Mallet (1) souligna que la tentation est grande, d'ailleurs reconnue par les auteurs, de procéder à une confusion de la mélancolie avec les dépressions névrotiques (2). La douleur morale du mélancolique suffit peut-être à expliquer la recherche du recours névrotique, au contact pénible du tableau que Freud retient comme celui de la névrose narcissique par excellence. M. Renard (3) a exposé le bien-fondé de la conception freudienne. Néanmoins, on peut s'interroger sur cette dénomination de névrose narcissique. Elle a le mérite de situer l'affection par rapport aux névroses de transfert et aux psychoses de restitution, objectalisées. Il peut paraître curieux, mais il est significatif d'appeler névroses narcissiques des états qui témoignent avant tout de l'échec narcissique.
Une lecture attentive de Karl Abraham convaincra que des illustrations cliniques pourtant inoubliables ne sont qu'incomplètement exploitées, en 1924, par l'auteur alors avant tout préoccupé de saisir les étapes des phases de développement de la libido, c'est-à-dire l'articulation entre la zone érogène, la pulsion et la manipulation de l'objet. La phase anale lui permet une démonstration percutante inégalée au niveau des phases orale ou génitale : celle d'un conflit entre les pulsions, d'une contradiction entre les jouissances diamétralement opposées de