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Tel qui sur terre, ne fit valoir sa part Divine, n'a, pas même aux enfers, repos.
Ainsi parle le poète. Oui, la « part divine », l'œuvre issue de la retrouvaille de soi-même, ne vient à existence qu'à se faire valoir, qu'à se faire reconnaître. De soi à soi devant l'univers. Quelquefois l' « univers » est représenté par l'occupant d'un fauteuil analytique. Devant lui, cette « part divine » se crée ou, lentement, se dévoile. Que l'analyste la comprenne, qu'il l'admette, qu'il en jouisse ! Comme on jouirait d'une poésie. Mais que de chemins pour y parvenir ! Que de pièges aussi en cours de route ! L'analyste a-t-il oreille pour tous les « poèmes », pour tous les « poètes » ? Non assurément. Mais ceux dont il a manqué d'entendre le message, ceux dont il a tant de fois écouté le texte, mutilé, lacunaire, les devinettes sans clefs, ceux qui l'ont quitté sans lui avoir révélé l'œuvre insigne de leur vie, ceux-là, toujours, lui reviennent, fantômes de leur destin non accompli, hantise de sa propre lacune.
Qui d'entre nous ne serait pas aux prises avec quelques spectres, réclamant le ciel, leur dû, et débiteurs de notre propre salut ? Pensez seulement à Freud avec son Homme aux loups. Depuis 1910 et jusque dans sa haute vieillesse, le cas du Russe énigmatique, ensorcelé par un secret, n'eut de cesse de le hanter en induisant théorie sur théorie, pour n'avoir pu délivrer le fin mot du poème.
Il en est de même pour nous quant à l'énigme de cette grande poétique, non pas d'un individu mais de toute une vaste famille, affublée à tort ou à raison, d'un patronyme commun : Maniaco-Dépressive.