You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
La théorie de la sublimation demeure une théorie inachevée. L'activité artistique et l'investigation intellectuelle sont les modèles freudiens de la sublimation dans la mesure où s'y font jour des pulsions dérivées vers des buts non sexuels, et valorisés socialement.
L'exercice très particulier qu'est celui du psychanalyste, s'il s'inscrit dans ce thème, n'en pose pas moins les questions non résolues du type de pulsion susceptible de suivre la voie de la sublimation, du ou des mécanismes incriminés.
Dans une note de Malaise dans la civilisation, Freud (1) écrit : « La possibilité de transférer les composantes narcissiques, agressives, voire même erotiques de la libido dans le travail professionnel et les relations sociales qu'il implique, donne à ce dernier une valeur qui ne le cède en rien à celle que lui confère le fait d'être indispensable à l'individu pour maintenir et justifier son existence au niveau de la société. S'il est librement choisi, tout métier devient source de joies particulières en tant qu'il permet de tirer profit, sous leurs formes sublimées, de penchants affectifs et d'énergies instinctuelles ou renforcées déjà par le facteur constitutionnel. » A cette tonalité dominante, les auteurs contemporains ajoutent des variations dont l'accent porte tantôt sur la poursuite de l'auto-analyse, tantôt sur le désir de savoir, tantôt sur la transgression, à la fois symbolique et fantasmatique du tabou de l'inceste.
C. Stein (2) situe la double rencontre lors de l'entretien patient-psychanalyste sur le plan, pour le patient, d'un engagement dans l'analyse et, pour l'analyste, au-delà de sa propre cure, dans la poursuite du cours de son auto-analyse. Pour lui, l'analyse du psychanalyste « n'est jamais que le reflet de la poursuite sans fin — mais plus ou moins souterraine, plus ou moins larvée — de la construction d'un passé qui plonge ses racines dans l'enfance la plus reculée dont elle se nourrit ».
P. Castoriadis-Aulagnier (3), s'interrogeant sur le se