You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
« … la théorie exige que ce qui est aujourd'hui l'objet d'une phobie ait été auparavant celui d'un vif plaisir. »
Une jeune femme en analyse rapporte l'expérience suivante : elle se trouve au milieu d'une assemblée amicale d' « intellectuels », critiques littéraires pour la plupart et en majorité du sexe masculin. L'échange d'idées est général, les réparties « spirituelles » fusent. Les aperçus brillants qui lui semblent « percutants » sur telle ou telle œuvre actuelle du domaine de la création artistique « jaillissent » naturellement. Des noms qu'elle ne connaît pas sont prononcés. Tout en suivant « goulûment » la conversation, elle s'y sent quelque peu étrangère, comme ne pouvant y participer, légèrement en retrait. Elle a le sentiment que les autres ont le monopole de la parole et qu'il est hors de question de la revendiquer. Elle se tait donc et écoute en particulier l'échange entre un homme et une femme sur un film de Louis Malle, Le souffle au cœur. L'homme lui est peu connu bien qu'auréolé d'un halo de brillance, la femme au contraire est une amie de toujours.
Brusquement, comme un raz de marée inversé, une sorte de vide radical se fait en son esprit. Elle se trouve au bord d'un gouffre interne et saisie par l'angoisse a l'impression qu'elle va y « succomber ». Heureusement elle est sollicitée par l'arrivée de personnes attendues dont les propos amicaux la « restaurent » rapidement.
Elle pense alors à un rêve qu'elle a fait quelque temps auparavant, qui lui paraît avoir des liens avec cette expérience sans qu'elle perçoive lesquels.
Voici le texte du rêve qui se présente en trois volets :
Premier volet : « Je suis au bord d'un lac dont la surface est glacée. Je suis accompagnée d'un homme et d'une femme. L'homme est un vieil ami, la femme reste floue. Je porte des bottes. Je voudrais m'élancer sur la glace mais je m'aperçois que je n'ai pas de patins. L'homme alors, comme si ça ne présentait aucun problème, s'avance et fixe sous ma botte re