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Roland Dalbiez, faisant converger l'intérêt qu'il porte à la philosophie religieuse et à la psychanalyse, s'est proposé de démontrer, avec la rigueur qu'il tient de la logique scolastique, le déterminisme inconscient de l'évolution hérétique de Luther par rapport au catholicisme comme étant la seule possibilité qu'il eût de composer avec son angoisse de culpabilité et d'échapper au suicide.
Pour saisir d'emblée dans quelle perspective s'est orienté le propos de Roland Dalbiez, il n'est pas inutile de rappeler qu'avant de devenir professeur de philosophie à l'Université de Rennes, il fut l'auteur d'une thèse sur La méthode psychanalytique et la doctrine freudienne présentée en Sorbonne en 1936 — fait unique et remarquable à l'époque (2). Le point de vue néo-scolastique de l'auteur et la rigueur logique qu'il implique lui faisaient, d'une part, chercher à établir la preuve logique de l'interprétation et par là même valoriser la méthode, d'autre part, rester sur la réserve en ce qui concernait les spéculations méta-psychologiques et les opinions de Freud concernant l'art et la religion.
La démonstration que nous propose Dalbiez repose sur les manifestations d'un conflit intrapersonnel et de l'angoisse qui le décèle constatées tant dans les positions doctrinales de Luther que dans les témoignages de ses contemporains relatifs à son comportement et que dans ses propres écrits, évoquant les tourments dans lesquels il s'est débattu. Outre les arguments tirés de la clinique (symptômes « externes » et symptômes « internes »), c'est dans la doctrine même de Luther que Dalbiez décèle un caractère pathologique. La convergence de ces divers arguments donne son poids à la thèse soutenue. Ce n'est pas la critique de la doctrine de Luther par un théologien dont il s'agit, mais d'une étude critique par un philosophe scolastique, c'est-à-dire fondée sur la logique, pour établir comme symptôme la déviation luthérienne par rapport à la doctrine catholique thomiste. On peut cependant rema