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A l'occasion des fêtes de fin d'année 1925, Reik se détend quelques jours dans une station de montagne au sud de Vienne. Le soir du 25 décembre, un appel téléphonique lui apprend la mort d'Abraham. On lui demande aussi, de la part de Freud, de prononcer un discours commémoratif à la prochaine réunion de la Société viennoise de Psychanalyse.
Avec Abraham, Reik perd à la fois son analyste, un maître et un ami.
La nouvelle provoque un « choc profond » puis une sorte d' « engourdissement », mais Reik s'étonne de n'éprouver « aucun chagrin ». Il nous révèle d'emblée l'ambivalence profonde, manifestée dès le début de l'ouvrage, mais Reik n'en livre les fondements qu'après une assez longue digression sur la musique et le personnage de Gustav Mahler.
Ebranlé par la nouvelle, Reik quitte l'hôtel et gravit un chemin de montagne. Le paysage lui paraît inhabituel, à la fois plus imposant, froid, sombre et sinistre. C'est alors qu'apparaît la haunting melody. Un thème musical s'impose à lui. La mélodie devient de plus en plus obsédante et continue à le poursuivre pendant les huit jours de vacances.
Reik reconnaît rapidement un thème choral de la 2e Symphonie de G. Mahler. Cet air devient tellement obsédant que Reik tente une autoanalyse à la Freud. Cette recherche ne semble pas aboutir ou se heurte à des inhibitions. D'ailleurs Reik doit aussi se préoccuper de son discours funèbre.
Il le prononce le 6 janvier. Reik magnifie Abraham « à côté de Freud ». Il évoque l' « observateur clinique » de premier ordre, parle de son calme, de son autorité, de sa simplicité.
Relevons quelques subtiles réserves — inhabituelles dans le panégyrique d'un discours funèbre. Abraham, nous dit Reik, « … faisait constamment remarquer au lecteur les lacunes et les défauts de ses élaborations ». Or Reik prend cette autocritique d'Abraham comme argent comptant, sans chercher par exemple à la présenter comme une sorte de modestie. Citons dans le même ordre : « Son talent d'analyste avait… quelques limites, mais