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C'est le 26 février 1975 que Michel Gressot est mort des suites d'une hémorragie cérébrale qui l'avait terrassé la veille alors qu'il rentrait paisiblement d'une leçon qu'il avait donnée à la Faculté de Médecine de l'Université de Genève où il était chargé de cours de psychothérapie.
Cette fin aussi brutale que prématurée, Gressot était à peine entré dans sa cinquante-septième année, va laisser en suspens une pensée psychanalytique originale, en pleine élaboration, et ce sont ses écrits, parus pour une grande part dans la Revue française de Psychanalyse, qui seuls témoigneront dans les années à venir de sa valeur.
L'hommage que je désire ainsi lui rendre sera adressé non point au théoricien de la psychanalyse mais bien plutôt à l'homme, l'homo psychanalyticus, expression que Gressot n'aurait pas désavouée mais à laquelle il aurait aisément ajouté quelque citation latine pertinente tant il aimait et maniait avec aisance la langue d'Horace et de Virgile. Pour ce qui est du théoricien, du savant, le lecteur pourra se référer sans peine à ses publications dans cette revue dès 1954 avec « Le mythe dogmatique et le système moral des Manichéens », et en particulier à ses importants rapports présentés aux Congrès des Langues romanes de 1955 et de 1963 : « Psychanalyse et connaissance, contribution à une épistémologie psychanalytique » (1956), et « Psychanalyse et psychothérapie. Leur commensalisme » (numéro spécial 1964-1965). Mais déjà à la mention de ces quelques travaux (alors que bien d'autres ont paru ailleurs) se dégage un des aspects caractéristiques de sa personnalité. L'homme, familier à beaucoup d'entre nous par ses interventions dans les arènes des congrès, interventions toujours bien construites, réfléchies, prononcées d'une voix posée et articulée, et aussi je dois le dire écoutées toujours avec intérêt et attention, l'homme dont chacun savait qu'il avait quelque chose de significatif et d'éclairant à nous dire, cet homme-là restait le plus souvent secret, discre