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Dans un article sur le fétichisme Freud donne deux exemples qui me semblent devoir éclairer la structure de la relation analytique. « L'analyse de deux jeunes gens m'apprit que l'un et l'autre n'avaient pas pris connaissance de la mort de leur père aimé dans la deuxième et dixième année ; ils l'avaient « scotomisée », aucun des deux cependant n'avait évolué en psychose. Ici donc un morceau certainement significatif de la réalité avait reçu un déni du Moi, tout, comme chez le fétichiste la désagréable réalité de la castration de la femme. » Et plus loin : « Il n'y avait qu'un courant de leur vie psychique qui ne reconnaissait pas cette mort, un autre courant en tenait parfaitement compte ; les deux portions, celle fondée sur le désir et celle fondée sur la réalité coexistaient. »
Nous croyons que cette situation, qui est peu ou prou celle de chacun de nous est portée à son paroxysme par les conditions mêmes de toute cure type, cure qu'elle rend possible et dont elle commande l'évolution.
Le silence de l'analyste et sa quasi-invisibilité, le peu qu'il offre ou, en tout cas, devrait offrir à la perception de l'analysé constituent un « morceau significatif de la réalité » du même ordre que le manque de pénis ou la disparition définitive d'un objet d'amour.
L'enfant et le psychanalysé sont bien obligés de constater qu'il n'y a, en une région du perceptible, rien ou presque à percevoir si, en même temps, ils affirment implicitement tout le contraire. En effet, le psychanalyste doit dans la mesure du possible, éviter de se montrer ou de s'exprimer verbalement autrement que pour faire part au patient de ce que celui-ci, sans le vouloir ni le savoir tout à fait, lui donne à entendre, ce qui nécessite abstention et passivité : le renoncement momentané à toute activité, fût-ce celle d'apparaître.
Le psychanalyste doit ménager en lui-même une sorte de vide et pas seulement pour faire place aux libres manifestations de son patient, mais aussi et peut-être surtout pour que celui-ci l