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C'est parce que je me suis trouvé devant un problème difficile à résoudre au cours d'une consultation définie à l'avance comme devant être unique, problème auquel d'ailleurs je n'ai pu donner aucune solution valable, que j'ai demandé à René Diatkine de venir l'exposer devant vous. J'ai pensé que la matérialisation quasi caricaturale des difficultés auxquelles je me suis heurté, difficultés conjecturales d'une part, inhérentes au cas d'autre part, inscrivait à ciel ouvert ce qui d'habitude ne transparaît qu'à travers des enchaînements échappant consciemment au patient.
C'est au cours d'un de ces week-end que l'on qualifie de prolongé que M. R… me téléphone ; il me signale d'emblée qu'il va repartir dans les jours qui suivent pour un pays fort éloigné et dont on ne ressort pas facilement. Autrement dit, je suis de suite informé d'une part que cette consultation sera unique et d'autre part que M. R… m'avait appelé dans des conditions qui impliquaient la possibilité d'une absence de réponse.
M. R… est un homme d'âge mûr, élégamment vêtu, faisant jeune en dépit de ses 49 ans. Il est journaliste, Juif, noir de cheveux et de poil, trapu. Il a l'aspect d'un homme d'action, réaliste de pensée, et peu enclin à des spéculations intellectuelles ; il m'apparaît vite qu'il est de ce type d'individu fort soucieux de son apparence, volontiers méprisant envers ceux qu'il juge inférieurs, facilement obséquieux envers d'autres estimés supérieurs. Mais ces premières impressions qui émanent de sa personne et de ses propos sont manifestement sous-tendues par une angoisse vive évoquant la panique, angoisse qu'il maîtrise en tentant d'exagérer certains traits de caractère de sa personnalité prémorbide. « Ce qu'il a à dire, me dit-il, est embarrassant pour un homme (sic), il n'en a jamais parlé à aucun médecin de son pays. » Il se place ainsi au niveau d'un narcissisme phallique que je ne peux, à son avis, que partager. L'effort qu'il fournit alors pour me parler est plus perceptible dans le