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Quelles que soient nos incertitudes quant à nos possibilités d'inférer, à partir de l'entretien préliminaire, ce que sera la suite de la cure, nous savons bien par contre que dès ce premier entretien nous nous trouvons engagés avec notre patient dans une relation qui n'est pas mesurable à la réserve habituelle de notre attitude et de nos interventions.
René Diatkine a épinglé avec humour la caricature du psychiatre qui « parle, mais n'écoute pas », et celle du psychanalyste qui « écoute, mais ne parle pas ». Notre pratique nous montre de fait que nos entretiens comportent un temps d'écoute et un temps de parole et que l'un et l'autre ont, sur le discours du patient, des effets qu'il nous appartient de savoir reconnaître et peser.
Le temps d'écoute précède évidemment le temps de parole. Peu ou prou, c'est selon. Mais ce temps d'écoute est déjà « parlant » pour le patient, car alors même que l'analyste ne dit rien, ses mimiques, ses gestes, son regard surtout peuvent être éloquents — qu'il ait cherché ou non à les neutraliser dans la bienveillance ou l'impassibilité. André Green a insisté sur ce point. Les patients ne manquent pas chez qui nous observons ou qui remarquent eux-mêmes qu'une modification de leur discours est intervenue suite à un regard qu'ils ont porté sur nous et à la compréhension qu'ils se sont faite de notre expression silencieuse.
Quoi qu'il en soit, vient un moment où nous sommes amenés à intervenir verbalement. Peu ou prou, là encore c'est selon. L'effet de notre intervention est ici plus décelable que lorsque nous gardions une attitude d'écoute. Il nous importe grandement d'ailleurs de percevoir au mieux cet effet puisque notre décision d'engager l'analyse s'appuiera pour une grande part sur ce que nous aurons perçu.
Il y a plus, cependant, que ces actions réciproques directement saisissables au cours de l'entretien. Mais pour en discourir, il nous faut orienter autrement notre approche. Comme en toute chose il faut considérer la fin, renversons l'o