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Mon intervention voudrait répondre à la suggestion de R. Diatkine rappelant le thème du Colloque. De fait, on a beaucoup insisté dans la journée d'hier sur la ou les différences entre l'entretien préliminaire et la cure. Peut-être faut-il revenir au rapport de Ch. David et s'interroger sur ce qui assurerait une continuité entre les deux, étant bien entendu que cette continuité de la vie psychique serait « utilisée » dès l'entretien préliminaire aux fins d'apprécier les possibilités d'abord mais aussi l'évolution d'une cure.
Une disposition psychique de l'analyste commune à l'entretien préliminaire et à la cure m'a semblé être l'anticipation par opposition à prévision, préférant à l'investigation — même peu ordonnée qui n'est pas sans introduire un déséquilibre dans la dynamique des investissements notamment narcissiques pendant l'entretien — un mouvement de la pensée qui avec l'éprouvé imagine d'avance les événements. Faute d'emblée de cette « ouverture identificatoire », je crains que la prévision ne puisse qu'évoquer à beaucoup d'entre nous une conduite phobique. Je dois dire d'ailleurs qu'à la lecture de l'intitulé du thème du Colloque : « Examen clinique préliminaire et prévisions concernant la cure éventuelle », j'avais pensé : « ou trois précautions valent mieux qu'une », si tant est qu'avec moi, les trois termes ainsi suspectés pouvaient respectivement renvoyer au risque pour un psychanalyste de « parcelliser » le transfert (en privilégiant l'investigation scopique et rationnelle), de le « désaffectiver » (comme toute planification technique), de l' « appauvrir » (par la restriction-limitation préalable des effets de transfert dès l'entretien préliminaire).
Je ne contredirai pas certaine nécessité « prévisionnelle », l'argumentation depuis hier en ayant fait mesurer la sagesse, mais je pense que faute d'insister sur l'anticipation psychique, la prévision — prévoir, c'est aussi prévenir — se rapproche de l'agir phobique en installant un mode de communication où