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Ce livre bref, mais extrêmement dense comme tous ses travaux, se situe dans l'œuvre de Bion après les recherches psychanalytiques sur les petits groupes qui viennent heureusement d'être rééditées en français (P.U.F., 1973) et avant les Elements of psychoanalysis (1963) déjà analysés dans ces colonnes par Michel Vincent (2).
L'introduction nous avertit que la pratique psychanalytique avec les patients présentant des troubles de la pensée montre le besoin d'une reconsidération des idées sur l'origine et la nature des pensées et une reconsidération parallèle des mécanismes par lesquels « penser » des pensées est réalisé. Le livre traite d'expériences émotionnelles en rapport à la fois avec les théories de la connaissance et la psychanalyse clinique. Bion utilise les termes de fonction et de facteurs, en référence aussi bien à leur usage philosophique et mathématique qu'à leur usage commun pour parler des activités d'une personne comme fonction de sa personnalité et des facteurs qui interviennent dans la réalisation de cette fonction (exemple : un homme se promène, sa promenade peut être considérée comme fonction de sa personnalité (F) et on peut découvrir ensuite que sa promenade est motivée par son amour pour une fille (facteur L, love) et par son envie vis-à-vis de l'ami de la fille (facteur E, envy) ce que Bion écrit F = L + E. L'auteur ne considère pas les méthodes utilisées dans ce livre comme définitives : il se compare à un savant qui continue à employer une théorie dont il sait qu'elle est erronée parce qu'une meilleure théorie n'a pas encore été découverte.
Dans un sommaire du livre, Bion indique qu'il fait une description stylisée d'expériences émotionnelles auxquelles il a participé et pense que cette méthode de présentation entraîne beaucoup moins de falsification qu'un enregistrement des séances au magnétophone qui entraîne la falsification à l'intérieur de la séance elle-même. La falsification est maximum car l'enregistrement donne la reproduction apparemme