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Les deux gros volumes qui constituent le Traité des hallucinations de Henri Ey représentent en fait une œuvre clinique et psychopathologique qui couronne les écrits de ce maître à penser de la psychiatrie française.
Admirablement documentés, les divers chapitres de ce traité dépassent bien évidemment les limites de l'hallucination et constituent un épais livre sur les psychoses.
Mes réflexions ne porteront dans cette revue que sur l'important chapitre du deuxième livre, intitulé « Modèle psychodynamique (la conception psychanalytique) ». Sans vouloir simplifier d'une manière abusive la présentation très soigneuse et détaillée que Henri Ey en fait, je dirais qu'il assimile la théorie psychanalytique de l'hallucination (et du délire) à celle de la projection linéaire d'un inconscient dont les affects ont un pouvoir hallucinogène. L'exposé des thèses psychanalytiques se réfère à Freud et à sa théorie des fantasmes et du rêve, à celle de la pensée imaginaire et de la réalité psychique.
Henri Ey reconnaît que certaines naïvetés de ses épigones ne peuvent être imputées à Freud qui avait articulé une théorie non seulement dynamique et conflictuelle, mais économique et topique des productions hallucinatoires et délirantes ; la notion de régression y est impliquée, de même que l'étude des avatars des forces refoulantes et des contre-investissements dans les psychoses.
Peut-être la lecture des textes freudiens et psychanalytiques ici présentée pourrait-elle être complétée par deux points de vue qui éviteraient de présenter la conception psychanalytique comme une perspective linéaire qui va de la pulsion et du désir à leur représentation hallucinatoire.
Le premier concerne la définition de la projection dont le mouvement correspond à une issue violente d'un matériel qui a subi le poids des forces refoulantes. Les contre-investissements qui maintiennent l'inconscient hors de notre portée sont forcés par la puissance de la projection. Qu'il y ait équivalence entre fantasmes et délire