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J'ouvre ainsi le XXXVe Congrès des Psychanalystes de Langues romanes. Nos sociétés sont vivantes; votre présence nombreuse, la quantité et la richesse de vos communications, la qualité du rapport de Christian David, notre passion même à débattre, quelquefois à combattre, sont les multiples formes de notre libido. Notre amour de la psychanalyse, tant éclatante qu'évanescente, toujours présente et toujours voilée, possédée dans la nuit de la séance, fuyant au grand jour de la réflexion, retrouvée dans l'échange, si facilement perdue par nos mains malhabiles, cette psychanalyse qui nous lie au-delà de nos petitesses, au-delà de nos illusions, discipline qui s'impose et que nous nous imposons, ne constitue-t-elle pas une forme doublement sexuée de nous-mêmes ? Psychanalyse du diable, envers de Dieu.
Nos sociétés vivent parce qu'elles se renouvellent. Les Colloques, les Congrès, plus réfléchis, plus élaborés, faisant plus de place à l'échange, remplacent les conférences. La variété même de leur forme contribue à leur succès et se révèle indispensable. Nos sociétés vivantes ressentent le besoin de définir l'identité du psychanalyste qui, comme tout organisme, risque à tout moment de perdre son équilibre structurant, de glisser vers quelque déformation monstrueuse.
Mais trop d'inquiétude, trop de soupçon, trop de pensée, peuvent lui être néfaste. Pourquoi ne pas s'arrêter un moment sur cette réussite qui est ici, devant nous, dans cette communion de travail et de passion ?
Nos sociétés cherchent leur propre image, en refusent dix pour ne trouver que celle qui peut s'élaborer lentement. Cette image si difficile à saisir se projette dans nos institutions, et c'est le signe de la vie que les remous qui les bouleversent. Peut-être serait-il plus sage de savoir que nous ne pouvons pas avancer sans nous tromper, que nous sommes condamnés à tâtonner, à essayer, à perdre, à reprendre, pour coller davantage à la réalité. Un peu moins d'exclusives et de soupçons, un peu plus de confian