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En choisissant pour thème de notre Congrès de cette année la bisexualité psychique, en prônant sa réévaluation — au demeurant déjà en cours — et en lui conférant, ainsi qu'à l'idée de médiation bisexuelle que j'ai proposée, une fonction et une place d'une importance devenue inhabituelle, n'est-ce pas à quelque discussion byzantine sur le sexe des anges que je vous aurais conviés ? — A plusieurs reprises le scrupule m'en est venu et certes je ne conclurai pas aujourd'hui que la question soit entièrement dénuée de fondement ; je m'en expliquerai à l'occasion. Si je vous avais donné l'impression de m'engager dans les dédales d'une vaine scolastique psychanalytique, la cause en serait de toute manière non dans l'objet de mon investigation mais dans la tournure que je lui ai fait prendre. Etant donné la conjoncture, j'ai notamment — moins qu'il n'aurait fallu (que de lacunes dans mon travail en effet !) mais plus que je ne l'aurais voulu — sacrifié à la documentation, à la démonstration, à l'abstraction. Combien loin donc l'enthousiasme de Freud écrivant à son « très cher Wilhelm », le 7-8-1901 : « Et maintenant passons à la question principale ! Pour autant que je puisse le préjuger, mon prochain travail s'appellera De la bisexualité humaine. Il attaquera le problème, à la base et contiendra tout ce qu'il me sera possible de dire sur ce sujet, les choses ultimes et les plus profondes ! » — L'enthousiasme, il est vrai, n'est pas un état d'âme de « rapporteur »…
Vous avez pu constater que j'ai situé mon travail sous le signe du primat de la sexualité généralisée, tel que Freud l'a génialement instauré : j'ai souhaité de la sorte réagir en particulier à la tendance, récemment dénoncée par A. Green, et « de plus en plus répandue [qui] incline à la désexualisation du champ psychanalytique, comme si on revenait subrepticement à une conception restrictive de la sexualité » (1). Ce faisant, je me trouve également en accord avec certaines idées convergentes, simultanément exprimé