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Le rapport de Ch. David vient heureusement combler une lacune de la littérature psychanalytique, sensible spécialement en France. A ma connaissance, la question de la bisexualité n'a jamais été abordée de façon aussi large, aussi systématique, et avec autant de profondeur, je ne suis sûrement pas le seul à en avoir eu le sentiment. Il faut rappeler aussi — ce n'est pas inutile puisque le souci de produire un effet sur le lecteur, si possible en le déroutant, paraît être le principal dans bien des écrits qui nous sont proposés —, il faut rappeler, donc, quelle satisfaction on tire d'un texte capable de transmettre réellement un savoir, une expérience et une réflexion. A cet égard, je souscris entièrement aux remarques critiques de Ch. David, dans le dernier chapitre de son travail, sur l'influence d'un certain irrationalisme à la mode, qui déclare la recherche de la vérité caduque et tend même à dévaluer le déchiffrement des significations.
Je suis pleinement d'accord avec un premier point, posé en clair dans le titre même du rapport : de même qu'en parlant de sexualité nous entendons toujours psychosexualité, de même c'est toujours avec la bisexualité psychique que nous avons affaire. Cela dit, il est certain que cette manière de voir, à nos yeux toute naturelle, nous porte facilement à minimiser le rôle de l'ordre bioanatomo-physiologique où tout pourtant trouve son origine. Il est vrai qu'en échange nous y gagnons en cohérence, puisque par là nous pouvons prendre quelque distance relativement à « une articulation impossible » entre deux ordres de faits à certains égards hétérogènes.
Ch. David a fort bien vu à quoi expose une pareille attitude, aussi met-il plus d'une fois en garde contre tout ce qui pourrait conduire à rompre « le lien de la psychosexualité et de la bisexualité psychique avec la réalité sexuelle corporelle ». D'un autre côté il me semble que cette façon de poser le problème dénote un choix, à tout le moins le choix d'un accent. Ainsi dans cette phra