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Il m'a fallu parvenir à l'avant-dernière phrase de la dernière page du rapport de Christian David, pour m'apercevoir que j'étais moi aussi toqué — toqué de bisexualité, ce qui peut-être arrange bien des choses.
J'ai adhéré, lecture faisant, parce qu'elles trouvaient leur écho en moi, aux raisons avancées par Christian David :
— pour introduire une distinction entre masculinité et virilité, féminité et femellité ;
— pour estimer que les caractéristiques de genre : masculin féminin, sont introjectées de façon différentielle bien avant que ce ne soit possible pour les caractéristiques sexuelles au sens strict ;
— pour admettre que les processus d'introjection de caractéristiques psychosexuelles non conformes avec le sexe propre, n'entraînent pas de désexualisation (comme il est classique de l'affirmer pour ce qui est des identifications secondaires) mais peuvent au contraire favoriser le développement des dispositions bisexuelles ;
— pour proposer, enfin, à partir de là, la généralisation de la notion de bisexualité psychique et montrer l'importance de sa fonction médiatrice.
Ces propositions de Christian David impliquent pour lui, comme condition nécessaire, une révision de la conception freudienne de la féminité — car elles ne sauraient, à son sens, se soutenir d'une conception qui lierait la féminité à l'absence, au manque, à la négativité. Ne serait-ce pas, d'ailleurs, au fait même d'une pareille conception que peut être imputable la « grave lacune » avouée par Freud, de ne pouvoir intégrer la bisexualité psychique dans la théorie psychanalytique de la sexualité, de ne pouvoir trouver, ni définir le lien rattachant la bisexualité à la théorie des pulsions ?
Je me sépare pourtant, ici, de Christian David, non pas tant d'ailleurs, au sujet de la conception de la sexualité féminine, que sur le fait de pouvoir fonder une théorie de la bisexualité psychique en s'appuyant exclusivement ou principalement sur des notions qui ne relèvent que du référent sexuel.
Pour paradoxal que c