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« La notion de bisexualité et sa problématique ont des liens organiques avec l'ensemble de la théorie et de la pratique psychanalytiques. » Cette opinion de Christian David nous était apparue de plus en plus évidente, au cours d'un séminaire que les Lyonnais ont cette année consacré à la préparation de ce Congrès.
Notre titre « Une sexualité, deux sexes, trois personnes », résume et annonce les quelques remarques que nous voulons faire ; il se trouve maintenant dépassé par le brillant développement de notre rapporteur qui, au cours de sa présentation, nous a montré, avec Prévert, que l'on peut compter bien au-delà. Reprenons cependant la leçon d'arithmétique en argumentant le premier point : Une sexualité.
« Certains organes qui servent uniquement aux fonctions sexuelles se sont formés dans chacun des deux sexes, ils représentent probablement deux modalités différentes d'une seule disposition… » « Les individus des deux sexes semblent traverser de la même manière les premiers stades de la libido. » « Dès le début de la phase phallique, les similitudes (entre garçon et fille) sont infiniment plus marquées que les divergences. » D'ailleurs « il n'est qu'une seule libido, laquelle se trouve au service de la fonction sexuelle tant mâle que femelle ».
Vous aurez reconnu dans ces citations, ce que Freud, alors âgé de 75 ans, écrivait (en 1931), dans la Nouvelle Conférence sur La féminité où l'on peut voir un illustrant panorama de sa théorie de la sexualité. Ces propos sont cohérents et complémentaires avec l'idée primordiale et révolutionnaire exprimée bien avant dans les Trois essais : il faut distinguer sexualité et génitalité, et, en conséquence, reconnaître l'existence d'une sexualité infantile. Cette « généralisation de la notion de sexualité est », nous dit Christian David, « un coup de génie de Freud et doit être maintenu avec vigilance ». Cette conception admise, il semblerait logique d'en déduire qu'il n'y aurait qu'une sexualité jusqu'au développement de la phase