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Un mythe, indépendamment de son intérêt structural, de sa mise en évidence des apories de la pensée sauvage et de la tentative de solution qu'il constitue, n'en reste pas moins un objet de réflexion, et peut-être de découverte, pour l'analyste.
Un exemple :
Zeus, saisi un jour d'un désir irrépressible pour Cybèle, la poursuit mais en vain, et, n'y tenant plus, répand sa semence sur un rocher. Du sperme ainsi répandu naît un être monstrueux : Agdistis ; monstrueux parce qu'hermaphrodite avec des troubles du caractère. Il se révèle en effet si violent, si indomptable que le conseil des Dieux, excédé, décide de sa castration. Il en charge Dionysos. Celui-ci enivre Agdistis et pendant son sommeil attache sa verge à un arbre voisin. Le monstre à son réveil et conformément à son caractère cherche à se dégager, si brutalement que la verge se détache et tombe sur le sol. Elle s'y enfonce pour donner naissance à un magnifique grenadier. Une princesse, tentée, fourre l'un de ses fruits dans son sein, et enceinte, met au monde un très bel enfant : Actis. Celui-ci est, dès sa naissance, confié, ou abandonné, aux bons soins d'un bouc qui le nourrit de son lait. Devenu grand, Attis est un objet de convoitise pour toutes les femmes. Il choisit, ou on lui choisit, une princesse, mais en pleine cérémonie de mariage Agdistis qui l'aime d'un amour incestueux se précipite sur lui pour l'étreindre, il en devient fou et dans sa folie s'émascule et en meurt.
Sa mère inconsolable obtient des Dieux que le cadavre d'Attis reste incorruptible à jamais. On l'enterre, et depuis, sur sa tombe, continuent de pousser ses cheveux et s'agiter son petit doigt.
Je crois que ce mythe illustre bien les deux procès qui prennent leur source dans une certaine forme de bisexualité féminine, l'un rendant compte d'une genèse possible mais, selon mon expérience, fréquente, de l'homosexualité masculine latente ou manifeste, l'autre nous éclairant sur l'origine et la nature du fétiche.
Je souligne tout d'abord, et ce