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Le rapport de Christian David nous montre, au travers de sa brillante élaboration, l'histoire de la notion de bisexualité, déjà si fortement en question aux tout premiers débuts de la psychanalyse, et déjà alors envisagée comme notion fondamentale. Sa conceptualisation tellement imbriquée dans les relations de Freud et de Fliess est, du fait même de cette imbrication, restée en suspens. Freud, soucieux alors d'un étayage biologique pour ses découvertes, ne pouvait cependant pas souscrire à la conception de Fliess, qui permettait à celui-ci de rester sourd aux paroles de son ami ainsi renvoyé à lui-même pour le plus grand bien sans doute de la psychanalyse naissante. Cette libération du désir de fonder la bisexualité psychique sur la biologie, pour effective qu'elle ait été dans les implications pratiques et théoriques de la notion, chez Freud et ses successeurs, n'en a pas moins demandé près de quatre-vingts ans pour s'accomplir aujourd'hui, dans toute sa plénitude avec l'entreprise de sa réévaluation par notre collègue. Cette libération lui permet de s'attaquer, d'entrée de jeu, à la question de savoir si nous sommes « bien fondés… à considérer qu'il s'agisse d'un instrument de pensée psychanalytique épistémologiquement viable et sûr ? ».
Sa rencontre quotidienne, dans notre pratique, la référence à elle dans nos théories nous font admettre son existence et son importance, en dépit des difficultés d'en dépister clairement les origines et les moyens par lesquels elle s'instaure. Mais devant cette évidence, le problème qui se pose encore aux analystes et que Freud se posait, à la fin de sa vie, notamment dans Analyse terminée et analyse interminable, est celui de la résistance extrêmement puissante qui s'oppose à l'acceptation de la bisexualité.
On ne peut qu'être frappé du contraste entre la capacité d'identification de tout un chacun, quel que soit son sexe, aux personnages, quel que soit leur sexe, du roman, du théâtre, du film… et la blessure narcissique éprouvée d