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Je voudrais ici, en liaison avec certaines thèses présentées par Christian David dans son rapport, tenter d'apporter une réponse, au moins partielle, à une question posée par Robert Knight (1940) et citée par Stoller (1973) dans son article « Faits et hypothèses. Un examen du concept freudien de bisexualité », à propos de la paranoïa. Je cite à mon tour Robert Knight :
« Nombre de psychanalystes se sont, depuis longtemps, rendu compte que la théorie freudienne n'était pas entièrement satisfaisante. Il s'agit, au début, d'un désir homosexuel totalement développé, le premier stade étant la formule « je l'aime » qui se poursuit selon les diverses manières dont ce désir refoulé est dévié et projeté. Cela n'explique pas pourquoi le paranoïaque développe un fantasme de désir homosexuel d'une telle intensité, ni pourquoi il doit le nier si désespérément. D'autres hommes développent également de violents désirs homosexuels qui sont refoulés sur un mode non psychotique ou mis en acte par une homosexualité manifeste, peut-être même avec un minimum de conflit psychique. Pourquoi le futur paranoïaque réagit-il avec tant de frénésie à la pulsion homosexuelle obscurément perçue en lui-même ? Le désir homosexuel est-il donc chez lui plus intense que chez les hommes qui parviennent à le refouler sans éluder l'épreuve de réalité ou serait-ce que le besoin de nier l'homosexualité est chez eux plus vif ? Si cette dernière hypothèse est vraie, pourquoi le désir de dénégation est-il si violent ? Pourquoi la pensée d'un contact homosexuel avec un autre homme est-elle si parfaitement intolérable ? »
Plutôt que de reprendre d'emblée l'explication de Stoller, du reste m'a-t-il semblé, largement approuvée par Christian David, je voudrais me tourner tout d'abord vers le texte des Mémoires de Schreber. Rappelons qu'à l'orée du deuxième épisode psychotique de leur auteur, en 1893, celui qui a essentiellement fait l'objet de l'interprétation de Freud — géniale s'il en fût, même si elle reste criti