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La lecture du rapport de Christian David, si clair dans sa conceptualisation dense du problème de la bisexualité, a été pour moi non seulement enrichissante du point de vue de la mise au point des connaissances et recherches actuelles sur ce sujet, mais m'a aussi offert l'occasion de poursuivre une réflexion sur les cas de transsexualisme.
Joyce McDougall [1] situe la problématique des transsexuels en se référant d'une part à la tentative d'éluder l'angoisse de castration et, d'autre part, à la recherche d'une réalisation non chargée de culpabilité des souhaits homosexuels. Seulement, le transsexuel, arrivé à ses fins, comme le psychotique parfois, « par le plongeon dans le réel se dispense de trouver le détour d'un jeu symbolique ou d'une élaboration névrotique ».
Ch. David reprend cette problématique par le biais de la bisexualité qui se trouve ici comme scindée en un pôle anatomique physiologique fixé par les caractéristiques d'un sexe, et un pôle psychique relationnel déterminé par les caractéristiques du sexe opposé [2].
Les travaux de R. Stoller, souvent cités par le rapporteur, tiennent compte des processus très précoces, processus non mentaux, tels l'empreinte ou le conditionnement viscéral, à travers lesquels les assignations de son sexe et son acceptation par ses parents constituent pour le nourrisson le noyau de l'identité du genre et ceci indépendamment des attributs biologiques. L'aspect de l'appareil génital externe et ses sensations renforceront plus tard cette identité [3].
Pour résumer sa thèse, il dit des transsexuels hommes que leur féminité s'est développée au cours d'un contact d'intimité prolongée et aconflictuelle avec leurs mères, mariées à des hommes distants et passifs.
Pour les transsexuels femmes, il propose l'hypothèse de l'identification féminine entravée par l'existence d'une mère distante et non aimante, alors que le père est proche, encourageant la fille à prendre son rôle à lui près de la mère et à avoir les mêmes intérêts que lui [4].
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