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Face au concept de castration que Freud inscrit au centre de la théorie analytique et qui fonde, selon lui, la question de la différence des sexes dans une référence au phallus, assignant à la féminité un espace qui ne s'accomplit que dans le fait d'avoir un enfant, Christian David nous propose un programme : en s'appuyant notamment sur la notion de psychobisexualité psychique prégénitale, il met en jeu une dialectique entre une incomplétude fondamentale, toujours liée à la castration — symbolique —, et l'exercice d'une bisexualité qui fonctionnerait pour chaque sexe comme virtualité par rapport à l'autre et, dans l'irrémédiable division, jouerait un rôle de médiateur, faisant du procès sexuel, un seul procès, à deux termes non dissymétriques. Non point coïncidence des termes mais affinité développée qui ébranlerait en fin de compte la répartition tranchée des agents dans la séparation historique entre « Masculin » et « Féminin » : d'un côté le porteur du pénis connoté comme phallus, représentant de la loi interdictrice, pôle de la pensée, de l'activité, de la fécondation spermatique, de l'autre, le sans-pénis, lieu de la jouissance, pôle de l'être, de la passivité et de l'enfantement.
Ces deux grandes catégories, à l'œuvre dans la fantasmatique inconsciente, et dont la psychanalyse a fait théorie, on les retrouve, différemment agencées, dans le discours idéologique de chaque société qui, à chaque étape de l'histoire, selon les rapports sociaux en cours, prescrit ce que doit être « l'homme » et ce que doit être « la femme ».
Dans le texte de David, certains éléments du « programme bisexuel » trouvent leurs points d'appui théoriques. Cela signifie-t-il pour autant qu'ils sont scientifiquement fondés ? Certes pas. Pas encore. A l'étape actuelle des pratiques réelles et de leur systématisation, dans la société qui est la nôtre, il ne peut en être autrement. Ce programme est donc utopique, au sens le plus fort et le moins péjoratif du terme ; en ceci qu'il désigne un aven