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d'une relation fusionnelle
et d'une indifférenciation sexuelle
de l'analyste et de l'analysée
à une relation homosexuelle érotisée
et à l'acquisition d'identités complémentaires
Célia est une jolie jeune femme d'une trentaine d'années, maquillée et coiffée comme une poupée mais vêtue comme un garçon. Etudiante en médecine, elle me choisit comme analyste parce que je suis, dit-elle, de même sexe et de même culture qu'elle, que nos noms se ressemblent, et qu'elle a l'intuition que nous sommes toutes deux originaires du même pays lointain.
Son choix apparaît d'emblée comme la projection narcissique de l'idéal fusionnel qu'elle porte en elle et qu'elle cherchera à réaliser dans le transfert afin de nier la réalité de la séparation entre nous. Elle va, dès le premier entretien, m'investir massivement comme la mère idéale dont elle a toujours rêvé. Sentiment de me retrouver après m'avoir perdue, illusion d'un déjà vu, qui dès le premier regard efface les limites qui nous séparent et installe entre nous une étrange atmosphère de complicité.
Ne serais-je pas sa vraie mère retrouvée ? Comme dans son roman familial où elle soupçonne avoir perdu sa vraie mère, décédée au moment de sa naissance, et n'être que l'enfant adoptée de sa mère actuelle. Celle-ci ne lui a-t-elle pas dit, par ailleurs, qu'elle n'était que le résultat d'un avortement manqué, un enfant non désiré, et qu'en tout cas elle aurait préféré avoir un garçon car les femmes de son pays sont plus valorisées par la naissance d'enfants mâles.
Célia, seule fille de la famille, a toujours été très jalouse de ses frères qui ont sans cesse, à des titres divers, accaparé l'attention de la mère ; l'un a brillamment réussi ses études, l'autre est un grand malade, quant au préféré de la mère, nourri au sein presque en même temps qu'elle, il avait toujours droit