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Notre collègue, mon ami Jean Kestemberg est mort subitement à la fin du mois d'août. Sa disparition a été cruellement ressentie par tous les membres de notre Société, mais aussi, je puis en témoigner, par ses patients dont beaucoup m'ont dit qu'ils avaient eu l'occasion répétée de mesurer ce qu'ils lui devaient.
Jean Kestemberg avait une passion pour son métier : c'était un psychanalyste qui menait ses cures avec la plus parfaite régularité. Ses qualités de psychothérapeute le conduisaient à s'occuper de cas difficiles et à ne pas hésiter à affronter ceux d'entre eux qui relevaient de la psychose.
Sa renommée en cette matière s'appuyait sur une expérience clinique et hospitalière où, non sans périls, il avait su maintenir la psychanalyse dans le service de Louis Le Guillant, à l'hôpital psychiatrique de Villejuif (1). Depuis longtemps on le considérait aussi comme un spécialiste de l'abord psychanalytique par le psychodrame des psychoses. Dans ce domaine il avait fait profiter de son expérience et de ses talents le centre de traitements psychanalytiques de notre Institut, puis le centre de santé mentale du 13e arrondissement. Son enseignement quotidien, maintenant bien connu dans de nombreux pays étrangers, se théorisait dans de nombreux séminaires et peut se retrouver dans l'intervention présentée au cours du Colloque sur le traitement au long cours des psychoses (Paris, 1972) (2).
Cette expérience l'avait conduit à mettre sur pied un centre de psychanalyse et de psychothérapie dans le sein de l'Association de Santé mentale dans le 13e arrondissement : il s'agit d'y traiter des patients qui ne peuvent accéder aux frais de la cure en clientèle privée, mais aussi, au moins à titre expérimental, des psychotiques suivis dans le département de psychiatrie générale de cette institution. Son sens de l'organisation avait permis de donner un début prometteur à ce centre, en dépit de difficultés matérielles faciles à imaginer.
Jean Kestemberg consacrait cependant la majeure part