You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Dans le vaste domaine de la littérature qui traite des aspects du sommeil et des rêves (neurophysiologiques, éthologiques, psychologiques et psychanalytiques, ontogénétiques et phylogénétiques), je voudrais approfondir ici l'analyse des différentes composantes et des différentes caractéristiques du sommeil qui font de ce phénomène un véritable instinct. Depuis quelque temps on parle de plus en plus du sommeil comme d'une forme particulière du comportement instinctif, et ceci de la part des éthologues (Tinbergen, 1951 ; Thorpe, 1963 ; Hinde, 1966 ; Stellar, 1960) comme des neurophysiologues (Moruzzi, 1969 ; Parmeggiani, 1973 ; Mancia, 1973, 1974) et des psychologues (Fisher, 1965 a, b). Cependant le tableau des éléments permettant de reconnaître au sommeil des caractéristiques absolues d'instinct est encore loin d'être complet et, de plus, nous sommes encore dans le domaine des hypothèses en ce qui concerne les modalités selon lesquelles le comportement instinctif se réalise pendant une période entière de sommeil.
Nous savons, maintenant que la recherche neurophysiologique nous a apporté une aide précieuse avec une richesse technique sans précédent, qu'une période de sommeil est caractérisée par différentes phases (stage 1, 2, 3, 4) avec des aspects électrophysiologiques radicalement différents et des phénomènes végétatifs particuliers qui s'y rattachent. Nous savons en outre, grâce à des recherches de psychologie expérimentale que, à la phase du sommeil synchrone non-REM, correspond une activité mentale que l'on pourrait facilement définir activité de type « intellectif » qu'il faut distinguer du type « perceptif » qui caractérise la phase REM ou onirique. De nombreux autres phénomènes psychophysiologiques se produisent au cours des phases 2, 3, 4 et même l'acte de s'endormir présente en phase 1 des caractéristiques psychologiques particulières. Il est de toute façon prouvé, désormais, que pendant le sommeil il existe une activité mentale continue et que cette activ