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« J'aime les beaux poèmes, les vues bouleversantes et tout l'au-delà des vers. Je suis comme pas un sensible à ces mots merveilleux laissés dans notre nuit… par ceux que je n'ai pas connus… La pureté du rêve, l'inemployable du rêve, voilà ce qu'il s'agit de défendre contre une nouvelle race de ronds-de-cuir qui va se déchaîner. Il ne faut pas permettre que le rêve devienne le jumeau du poème en prose, le cousin du bafouillage ou le beau-frère du haï-kaï. »
La mise en garde de Louis Aragon me paraît concerner tout particulièrement les réunions, les colloques ou les congrès de psychanalystes consacrés au « Rêve » ; on y voit en effet bien souvent de petits groupes de collègues ravis de jouer entre eux au « ballon rouge » avec des récits épars de rêves (de leurs patients ?) d'une façon passablement sophistiquée et parfois assez stéréotypée, ce qui réduit fâcheusement les dimensions temporelle, topique, formelle, dynamique et économique du rêve à un amusement trop actualisé entre analysant et analyste avant de devenir un amusement peu à peu perversifié réservé aux seuls analystes entre eux.
Comment expliquer que les analystes aient progressivement oublié les importantes mises au point exprimées par Freud en 1911, 1917 et 1923 et touchant aux racines profondes du rêve ?
On pense pouvoir rendre compte des différentes stratifications constituées par les mécanismes en action dans « le rêve » en séparant simplement les éléments détectés en contenu manifeste d'un côté et en contenu latent de l'autre. Les choses ne sont sûrement pas aussi simples. Nous avons peut-être trop tendance à insister sur l'aspect de synchronie actuelle apparaissant de toute évidence dans un récit de rêve sans ouvrir notre écoute à la pluralité des niveaux d'émissions dont le récit du rêve