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[Le texte suivant, que nous avons prié l'auteur de laisser éditer, malgré ses réticences, est un instrument de travail. Le sujet des rapports, chez Freud, entre rêve et psychose méritait une revue que, dans les limites de notre information, nous ne trouvons pas dans la littérature antérieure. On sera étonné de l'ampleur de la moisson, qui confirme l'importance et la continuité, dans l'élaboration de la théorie psychanalytique, d'un modèle analogique et explicatif remarquable, sur lequel l'attention demandait à être attirée à nouveau. Ce texte apportera l'éclairage de l'histoire des idées de Freud aux réflexions et aux hypothèses personnelles de P.-C. Racamier, qu'on trouvera dans les pages qui concluent le présent ensemble de travaux sur le rêve.]
A de nombreuses reprises dans ses écrits, Freud a mis en parallèle rêve et psychose pour en souligner les similitudes ou en faire ressortir les différences.
Il nous a paru intéressant d'étudier cette comparaison tout au long de son œuvre, et cette revue, qui n'est certes pas exhaustive, adoptera, sauf exceptions, un ordre chronologique permettant de mieux suivre la pensée freudienne sur ce point.
Dans la Communication préliminaire (1893), Breuer et Freud indiquent, à propos des traumatismes psychiques à l'origine des phénomènes hystériques, que l'on découvre le souvenir du traumatisme non dans la mémoire normale du malade, mais seulement dans celle de l'hypnotisé. D'où l'idée de la dissociation du conscient et l'apparition des états de conscience anormaux ou états hypnoïdes dans l'hystérie. A la formule d'après laquelle l'hypnose serait une hystérie artificielle, ils préfèrent substituer la proposition soutenant que la condition nécessaire d'une hystérie est l'existence d'états hypnoïdes.