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Lorsqu'on ferme le livre de Roger Misès, après avoir suivi le cheminement de son élaboration théorique au fil des chapitres qui débusquent notre réflexion des habitudes commodes de pensée, pour multiplier les interrogations, reposer les problèmes apparemment résolus pour certains, on se sent enrichi, non seulement dans sa manière de percevoir la déficience mentale, mais encore dans la compréhension des fonctions humaines de connaissance. L'extrême complexité qu'il rétablit dans un domaine où la tentation est de simplifier
— sans doute de façon défensive justement parce que la blessure est grave ici pour l'esprit — son insistance sur la nécessité d'une approche multidisciplinaire, dépassent les polémiques entre tous ceux qui sont confrontés au problème de la débilité : médecins, psychiatres, neurologues, biologistes, éducateurs, travailleurs sociaux, psychologues, enseignants…
Ce n'est pas seulement grâce à son expérience à la Fondation Vallée avec ses apports cliniques, institutionnels, relationnels, et pas seulement parce qu'il est psychanalyste, que l'auteur a pu rouvrir ainsi un champ de recherche si facile à réduire, c'est aussi parce qu'il a choisi d'écouter l'enfant déficient
— comme les autres — dans sa singularité corporelle, psychique, familiale, historique, plutôt que de le classer dans une catégorie définie d'avance par les préférences conceptuelles du chercheur. Encore moins pouvait-il se résoudre à définir cet enfant par ce qu'il n'est pas ou par ce qu'il n'a pas. Il s'agit donc d'une critique rigoureuse des tentatives de réduire l'édologie de la déficience mentale, soit à des facteurs neurobiologiques, soit à des facteurs psychologiques, finalement de toutes les tentatives qui ressemblent à celles des parents : percevoir l'enfant en fonction de leurs propres désirs.
Le terme choisi de « dysharmonie évolutive à expression déficitaire » va dans le sens d'une recherche sur la spécificité de l'organisation psychique du déficient mental, et non plus sur les cau