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Les considérations qui suivent visent un triple but :
critiquer la théorie du fétichisme actuellement en vigueur ;
relancer la discussion le concernant ; et
planter quelques jalons dans la direction d'une nouvelle approche du problème, les maîtres mots de la théorie — castration, déni et clivage — cédant le pas à régression, narcissisme et analité.
Le sentiment d'une carence de la doctrine concernant cette perversion est manifeste et se trouve exprimé par ceux-là mêmes qui l'utilisent, en en faisant la pierre angulaire de leur propre théorisation. Ainsi Pontalis (Présentation du n° 2 de la Nouvelle Revue de Psychanalyse, 1970) : « Il faut d'ailleurs reconnaître que, depuis Freud, la clinique psychanalytique n'a pas toujours réussi à préciser la spécificité de l'objet fétiche et du désir anxieux qui précipite sa quête : à la limite, tout objet fortement investi, dont « on ne peut plus se passer » serait tenu pour un fétiche… Ce flottement n'est-il pas à mettre au compte d'une défaillance conceptuelle ou peut-on y voir quelque chose qui serait précisément en rapport avec la nature même de l'objet ? » Le fait est que la définition mentionnée par l'auteur (« ce dont on ne peut plus se passer ») tout en étant conforme à notre pratique clinique quotidienne, ne peut pas être considérée comme véritablement scientifique car, outre son manque de précision, il s'agit d'une définition négative. Freud d'ailleurs définit en fait l'objet-fétiche sur le même mode, comme quelque chose qui tout en étant nécessaire, n'a pas de caractéristiques sexuelles proprement dites ; le paragraphe consacré au fétichisme dans les Trois essais est sous-titré : « Equivalents impropres de l'objet sexuel ; fétichisme. »
Les auteurs une fois qu'ils ont rendu hommage en quelque sorte à la théorie du fétichisme, s'en passent par la suite et se laissent guider