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Le thème du Congrès international de Psychanalyse de 1975 : Changements dans la psychanalyse, traduit le souci des psychanalystes de faire le point sur le mouvement de recherche et de pensée qui n'a cessé d'être relancé par l'expérience de chacun dans la multiplicité de ses relations singulières. Rocs divers du narcissisme, du masochisme, du caractère, limites de l'analysable auxquelles nous nous heurtons après Freud, stimulent notre besoin de théorie, plus précisément, notre besoin de rétablir, dans la communication intra et intersubjective, les modes de fonctionnement que certains patients nous donnent le sentiment d'avoir figés et de figer en nous comme pour une défense irréductible contre une angoisse insupportable.
Jean Bergeret s'inscrit dans ce mouvement, car son effort ne tente pas seulement une refonte de la nosologie psychiatrique à la lumière des concepts psychanalytiques, mais une redistribution de structures du point de vue psychanalytique lui-même, en fonction de l'expérience clinique avec ces patients qui induisent chez l'analyste un processus de révision de nos concepts. Le travail de Bergeret ne peut en effet se réduire à un souci de classification : la lecture de l'ensemble de son œuvre permet de nous faire sentir son besoin interne d'intelligibilité de « ce qui se passe » entre lui et ses patients. Les nombreux récits d'entretien qu'il nous rapporte dans son dernier livre sur la dépression, ce qu'il accepte de nous communiquer de ses sentiments contre-transférentiels nous dévoilent la source de son travail nosologique : ordonner, différencier, mettre en place dans une perspective d'ensemble et, à l'aide des références métapsychologiques, les éléments d'une organisation de personnalité qui pose au psychanalyste ses énigmes particulières.
La notion de diagnostic différentiel peut s'appliquer à cette articulation des ensembles structuraux les uns avec les autres, dans leurs ressemblances et leurs différences. C'est pourquoi il est nécessaire, pour suiv