You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Difficile épilepsie; symptôme on en fait une maladie, lieu crépusculaire de glissement du sens. A l'époque du scanner (2), est-il légitime de laisser se développer l'hypothèse d'un mécanisme « psychosomatique » déterminant dans certaines épilepsies dites essentielles ? Comment résister au vertige de l'organicité, repérable ou potentielle, quand l'on est confronté à la violence irruptive d'une crise épileptique ?
Et cependant la réalité clinique du trouble reste souvent encore déroutante lorsque le thérapeute cherche à sortir de l'impérieuse routine médicamenteuse : s'il est l'ordinateur des ordinateurs, le cerveau l'est de façon bien encombrante pour le chercheur ; de ce cerveau maître du corps, sourd aussi la pensée avec ses avatars, jaillissent également ces attaques convulsives nommées épileptiques tordant un corps soudainement figé dans l'absence plus ou moins profonde de sa conscience : terrible agitation fixée dans la chute ou dans l'immobilisation et qui fascine ; suspens, discontinuité, rupture.
« C'est une des citadelles les plus intouchables de la neurologie », rappelle R. Bouchard. Pourquoi et comment attaquer ? Pour quelles victoires et quelles délivrances ?
Or bien des signes montrent — si l'on veut voir — que nos conceptions sur l'épilepsie ont besoin d'air ; trop de contradictions mêlées à trop de rigidité : le mécanisme du clivage entre corps et psychisme ne donne plus autant de satisfactions. Devons-nous « repenser l'épilepsie » ? C'était là le dessein de R. Bouchard à partir de son expérience clinique de pédiatre devant les enfants convulsivants. Sa mort, en 1973, est survenue en pleine élaboration de ce travail, peu de jours avant sa conférence, prononcée de façon posthume par J. Lorilloux à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul; celle-ci constitue la première partie du livre sur L'épilepsie essentielle de l'enfant sous le titre « Nouvelles recherches sur une pathogénie méconnue des convulsions ». La seconde partie, « Contributions psychiatriques et psycha